LA TENTATION DU PIRE

14 septembre 2024 – Exposition personnelle

Du 14 septembre au 23 novembre 2024

Centre D’art L’H du siège, 15 rue de l’hôpital du siège 59300 Valenciennes

Dans le cadre de son exposition Parcours à L’H du Siège, intitulée La tentation du pire, Baptiste Roux déploie dans l’espace d’exposition un vaste ensemble de sculptures, de peintures et dessins. Sa démarche se définit par l’hybridité, le foisonnement et la surenchère dans un rapport tentaculaire au réel, à l’espace et à la matière.

Les sculptures (dont le matériau principal est du polyuréthane expansé) s’agrègent, lors de leur émulsion très rapide, à des colorants et d’autres matériaux artificiels ou organiques (faux ou vrais os,crâne en résine, peau tannée, matériel médical, bande Velpeau, bijoux de pacotille…). « Surgonflées comme des bodybuilders » *, les sculptures forment d’étranges agrégats dégoulinants aux couleurs acides et saturées, tantôt suspendues au plafond, tantôt étalées au sol. L’artiste surnomme ses oeuvres : erratum alimentaires, cortex, organes ou encore membranes. Ces assemblages boursouflés –carcasses indistinctes et hypertrophiées – apparaissent comme des vestiges post-industriels, tantôt radioactifs ou psychédéliques. En miroir, ses peintures-volumes trouvent leurs sources dans des stratégies de détournement de logiciels 2D et 3D. Elles résultent d’impression d’images manipulées
et superposées (issues de sa banque de données graphiques ou de ses propres dessins) sur des plaques de polyuréthane téréphtalate ou contreplaqué, ensuite malmenées (chauffées, pliées, découpées,trouées). Le vocabulaire biomorphique, digital et pictural employé brouille les frontières entre abstraction et figuration, entre le plat et volume. Les tableaux deviennent d’étranges carrosseries accidentées et clinquantes, autant tunées que tuméfiées. Les gestes de peintre et les outils employés
(décapeurs thermiques, scie…), faisant la part belle à l’accident, donnent corps et incarnation à une imagerie virtuelle a priori dématérialisée. Les dessins (à la craie noire ou la mine de plomb), de facture plus libre, empruntent au même univers que les peintures en échafaudant des carcasses biomorphiques,des paysages hasardeux. Par l’acharnement du trait, de la gomme, de procédés de superposition et desaturation, il s’agit de faire émerger une forme par accident. La grande composition murale, présentée via une impression sur papier-peint, télescope et réagrandit des dessins de différentes natures. L’effet de gravure sur bois qui en ressort confère à l’oeuvre une facture classique oblitérant le traitement informatique des motifs (anatomiques, techniques…).
En superposant les imageries, en les traitant avec des filtres, l’artiste se définit en faussaire, jouant sur les illusions et les effets de brouillage dans ce qui nous est donné à voir : est-ce une peinture ? une image de peinture ? des résidus de peintures ? une gravure ? un bas-relief ? Au-delà son approche hétérogène et hybride, Baptiste Roux s’inscrit bel et bien dans l’histoire de la peinture. Fasciné par Velasquez, Rembrandt, il revendique la vulgarité de l’approche de Philip Guston et cultive des affinités électives avec Frank Stella, Martin Kippenberger, Gérard Gasiorowski ou encore Hervé Télémaque.

Sans volonté de dénonciation, ses oeuvres offrent un miroir volontairement opulent et dystopique de notre expérience quotidienne, au sein duquel les médias et les flux d’informations deviennent, aux dires de l’artiste une « forme de pornographie gigantesque » **. Notre conditionnement visuel dû à un excès d’informations imposé fait suffoquer. L’exposition met ici en scène cette surenchère d’un monde à la fois saturé, survitaminé, survolté, paranoïaque et angoissant.
Les titres des oeuvres (par exemple : Pompéi à l’heure du thé, Mécanique autophage, Maquillage de contrition, la série mon chien, Fantaisie eschatologique, This is la vie en rose ? …) nous emmènent sur la piste d’un monde décalé et grotesque, célébrant une décadence jouissive. La tentation du pire dépeint non sans humour l’absurdité de notre époque contemporaine, son tropplein,
son voyeurisme, sa monstruosité. Ce règne du too-much, de l’artificiel et du mutant – sur une ligne de crête entre l’hyper séduction et écoeurement – propose une vision joyeusement catastrophiste doublée d’une pataphysique du rire.

  • Laurent Quénéhen, compte-rendu de l’exposition Apocalypse & Calypso, 2023, artpress n° 515, p. 76.
    ** Entretien Baptiste Roux par Martine Royer Valentin, « La peinture et la pataphysique
    Hyper-séduction et écoeurement », dans Ce que disent les peintres, faire peinture, éditions L’Harmattan.

MATIÈRE PLASTIQUE

14 août 2024 – Exposition de groupe

7 décembre 2024 au 17 février 2025

Galerie QSP, Roubaix

APOCALYPSE & CALYPSO

14 août 2023 – Exposition personnelle

du 8 septembre au 8 octobre 2023

Centre d’art Aponia, Le Monastier sur Gazeille

VOUS ÊTES GROTESQUE!

15 décembre 2022 – Exposition personnelle

Part 1 : Anita Molinero / Cécile Brigand
Part 2: Thierry Lagalla / Baptiste Roux
Part 3: Béatrice Lussol / Marcos Carrasquer
Part 4: Myriam Mechita / Gaël Davrinche

Duo avec Thierry Lagalla

Atelier 160, Pantin

Cette exposition en quatre parties, d’une semaine chacune, se veut être un aparté sur la figure du grotesque dans l’art contemporain.
A l’heure où le tout-venant cherche l’occasion de bien séduire sans dérisoire, où l’on voit trop de ces peintures que l’on colore plus qu’on ne les peint. Il s’agit ici de montrer le trop plein, le too much, le malaisé, le singulier, l’outrancier, voire le pathétique et ceci quel que soit le médium. Chacun dans son œuvre fait naître une gêne exquise, un truc pas vraiment charmant, voire trop de gras là où il n’en faudrait pas. Vous verrez des œuvres pleines d’éros mal placé, de thanatos démesuré, de brouillage entre figures et abstractions qui n’en finissent pas de transpirer l’humour ou allégresse. Pléthore de propositions voisinent chez chacun d’eux pour déconner au cœur et proposer un monde au-delà des mesures.
De grimaces en organes, les corps se pressent et s’agitent, des formes obèses ou décharnées font des acrobaties quel que soit le médium. Volumes, dessins, peintures, installations se font la malle du côté du bizarre ou du grossier. Tout çà nous raconte la vie mal faite, le désordre hormonal, les sentiments violents, les fantaisies absurdes, via des pratiques jouissives, formellement décomplexées et décadentes. Une démesure picturale forcément grotesque de ne pas arriver à rentrer dans les cases, multipliant les échecs de la gracilité pour se fourvoyer dans l’incommode.

Baptiste Roux

ET…VLAN!

15 août 2022 – Exposition de groupe

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